Numéro
J. Phys. Colloques
Volume 27, Numéro C2, Novembre 1966
COLLOQUE SUR LA SPECTROMÉTRIE DU SOLIDE
Page(s) C2-137 - C2-138
DOI http://dx.doi.org/10.1051/jphyscol:1966242
COLLOQUE SUR LA SPECTROMÉTRIE DU SOLIDE

J. Phys. Colloques 27 (1966) C2-137-C2-138

DOI: 10.1051/jphyscol:1966242

SPECTRES D'ABSORPTION DE MONOCRISTAUX DE PLATOCYANURES ET PALLADOCYANURES

C. MONCUIT

Laboratoire des Recherches physiques, Sorbonne


Résumé
On a mesuré le spectre d'absorption, à la température ordinaire, en lumière polarisée, de monocristaux de platocyanures et de palladocyanures alcalinoterreux. La vibration lumineuse étant parallèle aux plans des ions complexes, on observe une bande a, de force d'oscillateur, f ≈ 10-3, située à des nombres d'ondes variables, dans le visible ou l'ultraviolet, selon la nature du cristal, et une bande B, plus intense, située pour tous les platocyanures examinés vers 38 000 cm-1. Cette dernière bande, trop intense pour être étudiée par transmission, a pu être caractérisée par une méthode de réflexion. Cette méthode a permis également de mettre en évidence, dans le spectre d'absorption, des vibrations normales aux plans des ions complexes, une bande A, très intense (f ≈ 1), dont la position est sensiblement la même, pour un cristal donné, que celle de la bande a. On propose un schéma des niveaux d'énergie des ions platocyanure et palladocyanure, établi suivant la théorie du champ des groupes coordonnés, appliquée à un ion complexe cyané d'un métal de transition de configuration électronique externe d8. La bande A est attribuée à une transition dz2(a1g) → pz(a2u) ; la bande a a la même transition, rendue active dans le plan de l'ion complexe par perturbation vibronique. On attribue la bande B à une transition de transfert de charge dz2(a1g) → π*(eu). Un effet de couplage dans la maille cristalline des moments de transition, analogue à l'effet Davydov observé pour certains cristaux organiques, pourrait expliquer, au moins en partie, la position variable des bandes a et A. Le calcul, effectué à l'approximation d'une interaction dipôle-dipôle, dans le cas des platocyanures, conduit à des résultats qui représentent environ 35 % du déplacement effectivement observé.